L'art d'être seule
carrie

Aujourd’hui, je suis seule dans mon appartement. J’ai bu mon thé, fumé, mangé deux ou trois chips… et maintenant, je m’ennuie.

Alors je me suis demandé : qu’est-ce que je pourrais bien faire ?

J’ai regardé ma série (And Just Like That), mais je n’étais pas vraiment dedans. J’ai pensé à sortir, à voir quelqu’un, mais je n’ai pas particulièrement envie de voir du monde. Et pourtant, si on me proposait quelque chose, j’accepterais sûrement. C’est assez étrange : j’aime être seule, mais j’aime surtout être seule quand j’ai quelque chose à faire.

Quand je n’ai rien de prévu, quand je ne travaille pas, quand je n’ai pas cours et qu’il n’y a personne autour de moi, je me retrouve face à une chose que j’ai beaucoup de mal à supporter : le vide.

Et surtout, le vide laisse de la place aux pensées.

Quand je suis seule sans rien à faire, ma tête se remplit. Alors je cherche immédiatement quelque chose pour l’occuper. Une série, une vidéo, les réseaux sociaux, un article à écrire, n’importe quoi. Comme si je devais absolument remplir chaque minute de ma journée pour ne pas avoir à rester seule avec mes pensées.

Et aujourd’hui, je me suis dit : pourquoi ?

Pourquoi est-ce que je culpabilise autant de ne rien faire ?

Pourquoi est-ce que j’ai l’impression qu’un moment passé à regarder le plafond, écouter de la musique ou simplement être là est un moment perdu ?

Je crois qu’on vit dans une société qui nous apprend constamment à être productifs. Il faut travailler, étudier, sortir, faire du sport, voir ses amis, avoir des projets, avancer, apprendre, créer. Même nos moments de repos semblent devoir avoir une utilité.

On ne se repose plus simplement parce qu’on est fatigué : on « optimise » son repos.

Et forcément, quand on se retrouve seul, sans rien de prévu, il peut être difficile de ne pas avoir l’impression de perdre son temps.

Pourtant, s’ennuyer est quelque chose de complètement normal.

C’est même peut-être quelque chose qu’on a oublié de faire.

Je pourrais me démaquiller, me changer, faire à manger, ranger mon appartement. Je pourrais trouver mille petites choses à faire pour avoir l’impression que ma journée avance. Mais, au fond, pourquoi est-ce que je me force à remplir ce temps ?

Peut-être que, pour une fois, je pourrais simplement rester là.

Mettre de la musique et regarder le plafond.

Ne rien produire. Ne rien accomplir. Ne rien cocher sur une liste.

Juste être avec moi-même.

Et c’est probablement ça qui me dérange le plus : être seule avec moi-même signifie aussi être seule avec mes pensées. Et parfois, j’ai envie d’y échapper.

Alors j’écris.

Ce papier est peut-être lui aussi un échappatoire. Je suis en train d’écrire sur le fait de ne rien faire… tout en faisant quelque chose pour ne pas m’ennuyer. C’est assez paradoxal.

Mais peut-être que c’est aussi une façon de comprendre ce que je ressens.

J’aime être seule. J’aime mes moments seule, mes séries, mes livres, mes petites habitudes, mon appartement. Mais j’aime être seule lorsque ma solitude est remplie. Lorsque j’ai quelque chose à regarder, à écrire, à cuisiner, à écouter.

Être seule sans avoir quelque chose à faire, c’est différent.

Et peut-être que cette semaine sans cours et sans travail est justement l’occasion d’apprendre à supporter ça. À ne pas chercher immédiatement quelque chose pour remplir le silence. À accepter qu’une journée puisse être un peu vide.

Parce qu’une journée vide n’est pas forcément une mauvaise journée.

Ne rien faire n’est pas forcément de la paresse. Ne pas être productif n’est pas forcément échouer. Et s’ennuyer ne signifie pas nécessairement qu’il faut trouver quelque chose à faire.

Parfois, on peut juste être là.

Avec soi-même.

Avec ses pensées.

Avec le temps qui passe.

Et peut-être qu’apprendre à s’ennuyer, c’est aussi apprendre à être en paix avec soi-même.

Je vous avoue que je suis encore loin d’avoir assimilé tout ça. Je suis littéralement en train de m’auto-persuader en écrivant ces lignes. Mais je sais aussi que c’est vrai.

Le plus compliqué, finalement, ce n’est peut-être pas de comprendre qu’on a le droit de ne rien faire.

C’est de réussir à le faire.

Alors aujourd’hui, je vais peut-être simplement laisser passer un peu de temps.

Sans chercher à le remplir.

Et si vous êtes, vous aussi, seuls chez vous avec cette étrange sensation de devoir absolument trouver quelque chose à faire : peut-être que vous avez simplement le droit de vous ennuyer.

Et que, finalement, c’est OK.

By Inès <3
radio
Carnet de bord — Service civique Radio Dijon Campus

Carnet de bord d'une journaliste en devenir 

Lundi 7 septembre 2026

Je me suis inscrite pour réaliser un service civique à Radio Dijon Campus.

J'ai passé un entretien la semaine dernière et aujourd'hui, je commençais mon premier jour en tant que volontaire. Mais pour l'instant, je n'ai pas encore signé le contrat, car on doit encore voir si mon emploi du temps de la fac (l'administration de la fac, un enfer) est compatible.

Dans un premier temps, j'ai assisté à la réunion. J'avoue que j'étais complètement perdue : il y avait pas mal de vocabulaire que je ne connaissais pas, etc. Donc bon, je poserai des questions à la prochaine réunion. Là, je n'ai pas osé.

Après, il m'a confié pour mission de trouver des sujets de chroniques qui pourraient apparaître dans la matinale, et que j'écrirai.

J'ai eu ces idées-là :

  • L'interdiction des free parties
  • Le danger de l'IA sur le monde de la culture (cinéma, photographie, littérature…)
  • Vogue : l'ère Carine Roitfield
  • Le magazine Vogue a-t-il encore une place sur votre table basse (manque d'originalité, de créativité, la culture mise de côté au profit des publicités, placements de produits, etc.) ?
  • L'histoire politique de la musique techno
  • L'importance des objets culturels matériels dans un monde où tout se numérise
  • La rentrée étudiante : événements, endroits à fréquenter, conseils sur la vie dijonnaise ?
  • L'avenir de la culture au vu des présidentielles
  • Reco cinéma : l'esthétique Sofia Coppola (Lost in Translation, The Virgin Suicides, Marie Antoinette…)
  • Halloween : la véritable histoire derrière l'imaginaire des sorcières
  • Hommage à Dolly Parton, chanteuse country et pop féministe, icône LGBTQ+…

Je vais les faire vérifier par le coordinateur de la rédaction et je verrai ce qu'elle me dit. J'ai un peu peur d'être à côté de la plaque, j'avoue.

Le midi, je n'ai pas mangé avec eux, j'ai mangé au RU avec mon copain et, quand je suis revenue, ils étaient en pleine discussion (à laquelle j'aurais bien participé, mais je suis beaucoup trop timide pour m'imposer).

J'ai fini par proposer mes sujets au rédacteur en chef. Il les a trouvés tous super intéressants et a d'ailleurs insisté sur ce point. Cependant, il a trouvé que tous ne parlaient pas directement d'actualité, donc ça ne correspondait pas directement à ses demandes. Il a donc choisi le sujet suivant : « La rentrée étudiante : événements, endroits à fréquenter, conseils sur la vie dijonnaise ? »

J'ai directement commencé à faire mes recherches. Au début, je me suis un peu emportée en commençant à conseiller mes coffee shops et bars préférés, puis je me suis calmée en centrant mon angle uniquement sur les lieux et événements culturels, comme demandé.

J'ai finalement terminé ma chronique. J'ai hâte de la montrer et de la faire valider, même si je suis stressée comme toujours mdrr.

Mardi 8 septembre 2026

Il a carrément validé ma chronique, en me demandant seulement de rajouter quelques exemples. Après ça, il l'a imprimée sans même vérifier ce que j'avais écrit. J'ai beaucoup aimé cette façon de faire : il me fait vraiment confiance, et je trouve ça super. Ensuite, on a enregistré le midi pour que la chronique puisse passer dans la matinale du lendemain. Et ça s'est vraiment bien passé ! Pour une première, bizarrement, je me suis sentie super à l'aise, alors que de base, c'est quelque chose qui me fait assez peur. Et le lendemain, ma chronique est passée à la radio… avec ma maman en première ligne pour l'écouter !

Mercredi 9 septembre 2026

J'ai participé à une conférence avec la radio dans un endroit qui était vraiment super. Cette conférence présentait le programme culturel de La Vapeur, un espace où ont lieu plusieurs concerts dans l'année à Dijon. Quand je suis rentrée de la conférence, j'ai réalisé une autre chronique, cette fois sur un sujet qui me correspondait vraiment bien : l'interdiction des free parties. Le rédacteur en chef m'a donné le feu vert pour que je puisse la faire, alors j'ai bossé dessus tout l'après-midi.

Jeudi 10 septembre 2026

Je suis passée en direct avec cette chronique. C'est encore une fois moi qui l'ai entièrement écrite, et le rédacteur en chef n'a rien modifié. Du coup, j'étais trop contente !

C'est vraiment un sujet qui me passionnait, sur lequel j'étais vraiment engagée, et enfin quelque chose qui allait dans mon sens, quoi ! En plus, c'est un sujet engagé politiquement, donc j'ai beaucoup aimé faire cette chronique. Je vous la mets juste en dessous, en audio. J'espère que vous allez kiffer !

Et voilà, cette semaine d'essai s'est terminée. Je commence officiellement mon Service Civique le 1er octobre ! Alors, si vous voulez écouter mes prochaines chroniques, il faudra écouter Radio Dijon Campus : je vous mets le lien juste là https://radiodijoncampus.com. Et je mettrai également mes chroniques à l'écrit sur mon blog, pour celles et ceux qui n'auront pas pu les écouter à la radio.

J'ai vraiment hâte de commencer cette aventure et j'espère que vous allez la suivre avec moi !

By Inès

birth control
— Santé —

La contraception, c'est finito pour moi.

My dear girls  ̑̑❀

En réalité, cela fait déjà quelques mois que j’en ai marre. Tout simplement. Je suis arrivée à un point où je n’en peux plus de ce petit cachet que je dois prendre tous les soirs, uniquement parce que je ne veux pas avoir d’enfant à 21 ans.

Alors voilà : pour la rentrée, j’ai décidé d’arrêter la pilule.

Bien sûr, je vais prendre rendez-vous afin d’être accompagnée et suivie dans cette décision. Parce que, malgré tout, je préfère ne pas faire les choses complètement seule.

Au début, je prenais Optilova. Je l’ai prise pendant presque 2 ans, mais j’ai commencé à avoir des problèmes de circulation sanguine dans les jambes. J’avais constamment les jambes lourdes, une fois, je me suis même retrouvée à ne plus sentir correctement l’une d’entre elles. À ce moment-là, j’ai décidé d’arrêter et d’en parler avec un professionnel de santé.

Après l’arrêt, j’ai eu une poussée d’acné comme jamais et ça a duré plusieurs mois (pile pour ma première rentrée à la fac c'était vraiment super glamour).

Ensuite, j’ai commencé une autre pilule, Optimizette (cela fait maintenant un peu plus d'un an que je la prend) qui était censée être plus adaptée à ma situation. Elle a notamment fait disparaître mes règles, ce qui me facilitait quand même beaucoup ma vie.

Petite parenthèse, parce que j’ai l’impression de devoir le répéter sans arrêt : les saignements que l’on peut avoir sous certaines pilules ne correspondent pas à des règles naturelles, puisque la pilule modifie et contrôle le cycle, donc non ce n'est pas grave de prendre une pilule en continu, je veux arrêter d'entendre des « mais tu n’as pas peur de prendre une pilule qui t'arrête les règles ??? moi je préfère avoir mes règles sous pilule » tu n'as pas tes règles ma belle, tu saignes juste !!!

Pendant un temps, tout allait relativement bien. Mais depuis quelque mois, j’ai l’impression de ne plus vraiment être moi-même.

J’ai constamment cette espèce de boule de tristesse quelque part au fond de moi. J’ai des sautes d’humeur. Parfois, ça ne va pas, et je ne comprends pas vraiment pourquoi. J’ai surtout cette impression étrange de m’être perdue en chemin.

Alors, est-ce que c’est vraiment la pilule ? Est-ce que c’est simplement une période compliquée de ma vie ? Honnêtement, je ne peux pas l’affirmer avec certitude.

Mais une chose est sûre : aujourd’hui, je sens que cette contraception ne me convient plus.

Et j’ai envie d’essayer de retrouver mon corps, mon cycle et, peut-être, une version de moi-même que j’ai l’impression d’avoir perdue.

J’ai peur, évidemment.

Je ne veux pas prendre une autre contraception hormonale. J’ai besoin de faire une pause définitive avec les hormones.

Le stérilet, lui, est un moyen de contraception auquel je ne me sens pas prête pour l’instant. Certaines expériences et certains effets secondaires possibles me font peur, même si je sais que chaque corps réagit différemment.

En fait, j’ai simplement envie de laisser mon corps respirer.

J’ai envie de voir qui je suis sans hormones. De retrouver mon cycle naturel. De comprendre mon corps plutôt que d’avoir l’impression qu’il est constamment régulé par quelque chose d’extérieur.

Évidemment, cette décision implique aussi que je vais devoir être beaucoup plus vigilante concernant la contraception et la prévention d’une grossesse.

Oui, ça me stresse un peu, mais honnêtement je préfère prendre davantage de précautions plutôt que de continuer avec un moyen qui, aujourd’hui, ne me convient plus. J’appréhende énormément l’arrêt, j’ai peur du retour de l’acné, que mon cycle soit perturbé, j’ai peur de découvrir des problèmes que la pilule aurait pu masquer, ou simplement de voir mon corps changer après toutes ces années.

L’endométriose et le SOPK sont, par exemple, des choses qui m’inquiètent. Je sais que l’arrêt de la pilule ne provoque pas ces maladies, mais il peut arriver que certains symptômes deviennent plus visibles lorsque l’on arrête une contraception hormonale.

Malgré toutes ces appréhensions, je suis aussi impatiente, impatiente de me retrouver.

Bon… je suis beaucoup moins impatiente à l’idée de retrouver mes règles et tout ce qui va avec parce jusque-là j’ai été habituer à la facilité à ce niveau MDR

Et puis, il y a aussi quelque chose qui me révolte.

Je trouve ça parfois profondément frustrant de constater à quel point la charge contraceptive repose sur les femmes.

Depuis toujours, ce sont nos corps qui doivent supporter les effets secondaires, les hormones, les rendez-vous médicaux, les inquiétudes et la responsabilité constante d’éviter une grossesse.

Bien sûr, il existe des recherches qui sont menées sur la contraception masculine. Mais j’ai quand même parfois l’impression que nous, les femmes, avons été habituées à considérer comme normal le fait de devoir supporter autant de contraintes.

Pourquoi avons-nous autant normalisé le fait que les femmes doivent parfois essayer plusieurs contraceptions avant d’en trouver une qui leur convient ?

Pourquoi devons-nous parfois accepter des effets secondaires simplement parce qu’il faut bien trouver une solution ?



because of this damn patriarchal society

Alors aujourd’hui, j’ai envie de reprendre le contrôle sur mon propre corps et de faire un choix qui me semble être le meilleur pour moi.

DONC la pilule et moi, c’est terminé #rupture

Je vais me faire accompagner, écouter mon corps et voir comment les prochains mois se passent. Et surtout, je vais essayer d’arrêter de culpabiliser à l’idée de changer d’avis ou d’adapter ma contraception si mes besoins évoluent un jour.

Si ça vous intéresse, je vous tiendrai au courant de l’évolution de cet arrêt : les effets positifs, les effets négatifs, le retour de mon cycle, ma peau, mon humeur… Bref, tout ce qui pourrait changer.

Et surtout, je voulais aussi écrire cet article pour vous dire une chose : si vous avez l’impression qu’une contraception ne vous convient pas, écoutez-vous, votre corps et parlez-en à un professionnel de santé.

Il n’existe pas de contraception parfaite qui conviendrait à tout le monde.

Chaque corps est différent, chaque expérience l’est aussi.

Alors posez des questions, demandez plusieurs avis si nécessaire. Parce qu’aujourd’hui on a l'impression que c'est la seule solution qu’on n’a pas le choix, mais surtout ne vous forcez pas à supporter quelque chose qui vous fait souffrir simplement parce que vous avez l’impression que « c’est comme ça ».

Alors maintenant, j’ai envie de vous entendre : est-ce que certaines d’entre vous sont aussi en train d’arrêter la pilule ? Est-ce que vous avez choisi une autre contraception ? Comment votre corps a-t-il réagi ?

Dites-moi tout. Vos ressentis, vos expériences, vos appréhensions… Parlons-en !!

By Inès <3
stark
Game of Thrones Review
— RECOMMANDATION —

Pourquoi regarder Game of Thrones est l'une des meilleures choses que vous puissiez faire ?

❄ ⚔
Note : dans cet article, je fais la propagande de Game of Thrones, parce qu’il faut absolument que vous regardiez cette série mdrrr
Game of Thrones

Avant de regarder Game of Thrones, cette série représentait pour moi tout ce que je pensais ne pas aimer : une série beaucoup trop longue, dans un univers qui ne correspondait absolument pas à mes goûts, avec des histoires de familles, de guerres et de batailles dont je ne comprenais rien. Bref, elle ne m'attirait absolument pas. (et puis au-delà de ça je pensais que la série était composée à 90% de scènes de boule MDR)

Et puis mon copain grand fan de Game of Thrones est apparu. On s'est mis d'accord : je lui faisais regarder Gossip Girl (l'une de mes séries préférées, que je sais qu'il n'aurait jamais regardée sans moi) et en parallèle, lui me faisait regarder Game of Thrones.

C'est comme ça que j'ai commencé la série.

Et très rapidement, je me suis attachée aux Stark, qui sont encore aujourd'hui (et pour toujours) ma maison préférée.

Maison Stark

Une première saison qui demande un peu de patience

Au début, je vous avoue que je ne comprenais pas grand-chose. Mais je pense que c'est justement le but de la première saison : vous mettre dans le contexte.

Il faut comprendre qui représente quelle maison, qui est allié avec qui, quels sont les enjeux, les différents territoires, les ennemis communs… Bref, au début il y a énormément d'informations à assimiler.

C'est donc assez long et parfois un peu compliqué à suivre. Et je pense que c'est aussi ce qui peut décourager certaines personnes au début.

Personnellement, le fait que mon copain regarde la série avec moi m'a énormément aidée, parce que je vous avoue que, toute seule, je ne suis pas certaine que j'aurais continué.

Mais une fois que vous commencez à comprendre l'univers, vous vous laissez complètement emporter.


« N'attachez-vous à aucun personnage »

La phrase que j'ai probablement le plus retenue en regardant Game of Thrones.

Et ce n'est VRAIMENT pas une blague.

Dans beaucoup de séries, lorsqu'un personnage devient votre préféré, vous avez plus ou moins la garantie qu'il restera jusqu'à la fin parce qu'il est important pour l'histoire. Game of Thrones ne fonctionne absolument pas comme ça.

Ne partez jamais du principe que votre personnage préféré est en sécurité simplement parce qu'il est l'un des personnages principaux.

Et c'est justement ce qui rend la série aussi imprévisible.

Il n'y a pas vraiment cette volonté de faire du fan service. Tout peut arriver, et c'est quelque chose qui m'a énormément marquée (traduction : j'ai chialé toutes les larmes de mon corps).


Impossible de ne pas regarder l'épisode suivant

Autre chose que j'ai adorée : les fins d'épisodes.

À chaque fois, ou presque, il y a une révélation, un mystère, un retournement de situation ou quelque chose qui vous donne immédiatement envie de lancer l'épisode suivant.

Je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai dit à mon copain : « Stp promis un dernier épisode et on va dormir ».


Des personnages incroyablement bien développés

Certains, au début, peuvent vous être totalement insupportables… avant de finalement évoluer au point de vous faire changer complètement d'avis sur eux.

Et inversement, certains personnages que vous appréciez peuvent prendre des décisions qui vont vous faire péter un plomb.

C'est d'ailleurs ce que je trouve intéressant dans leur évolution : personne n'est simplement « gentil » ou « méchant ». Les personnages sont beaucoup plus complexes que ça.

Et surtout, les bonnes intentions ne garantissent pas les bonnes conséquences.

Les personnages prennent des décisions, élaborent des stratégies, font des choix politiques… et ces choix entraînent des conséquences.

Parce que Game of Thrones, ce n'est clairement pas un conte de fées.


Non, Game of Thrones, ce n'est pas que des batailles

C'est probablement l'une des choses qui m'a le plus surprise.

Avant de regarder la série, je pensais vraiment que j'allais passer mon temps à regarder des batailles et des combats.

Mais en réalité, ce n'est pas du tout le cas.

Il y a évidemment des scènes de combat (elles sont incroyable d'ailleurs), mais ce qui prend énormément de place dans la série, ce sont surtout les stratégies, les alliances, les manipulations et les conflits politiques.

Petit à petit, toutes les maisons commencent à s'entremêler, les problèmes se croisent, les alliances évoluent et les conséquences d'une décision prise plusieurs épisodes auparavant peuvent ressurgir bien plus tard.


Et puis… l'esthétique

Il faut aussi parler de l'esthétique de la série, parce que franchement les scènes sont juste magnifiques.

Il y a des moments où j'avais littéralement l'impression de regarder un tableau en mouvement. Les paysages, les costumes, les décors, l'atmosphère… tout participe à créer cet univers si particulier.

Et surtout, la série m'a fait passer par absolument toutes les émotions possibles : la tristesse, la colère, le stress, la frustration, la surprise, l'attachement…

Je crois que je n'avais jamais ressenti autant de choses devant une série.

Et ce qui me fait encore plus rire, c'est que Game of Thrones était justement le genre de série dont je pensais qu'elle n'était absolument pas faite pour moi, pour que au final je me retrouve à vous la conseiller... 


Des femmes qui ont une vraie place dans l'histoire

Ce que j'ai également beaucoup aimé dans Game of Thrones, c'est la place accordée aux personnages féminins. La série compte énormément de femmes fortes, complexes et indispensables.

Contrairement à certaines séries très marquées par la testostérone, où les personnages féminins semblent parfois surtout être là pour faire joli ou satisfaire le spectateur, ici, les femmes ont véritablement leur mot à dire. Elles prennent des décisions, élaborent des stratégies, exercent leur influence et jouent parfois un rôle encore plus important que certains personnages masculins.

Je pense aussi aux prostituées que l'on voit beaucoup au début de la série. Au premier abord, on pourrait avoir l'impression qu'elles sont simplement là pour participer à la sexualisation très présente dans la série. Mais certaines d'entre elles finissent aussi par avoir une véritable fonction narrative et par être impliquées dans les intrigues politiques et les jeux de pouvoir.

Et c'est aussi ce que j'apprécie dans la manière dont les femmes sont représentées. Certaines vont vivre des choses extrêmement difficiles, mais elles ne sont pas réduites à ce qu'elles ont subi. Elles continuent d'exister en dehors de leurs traumatismes, d'évoluer, de prendre des décisions et de devenir des personnages à part entière.

Je trouve que l'histoire des femmes de cette série peut aussi faire écho, d'une certaine manière, à certaines réalités historiques… Et malgré tout, Game of Thrones met en avant des femmes qui parviennent à s'imposer et à devenir de véritables actrices de leur propre histoire.


Mon avis sur la fin : attention aux spoilers !

Bon. Maintenant, je vais parler de la fin. Donc si vous n'avez pas terminé la série, arrêtez-vous ici.

Parce que oui, malgré tout l'amour que j'ai pour cette série, je dois le dire : j'ai été déçue par la fin.

Pour moi, elle est beaucoup trop bâclée. Certaines décisions prises par les personnages m'ont semblé complètement incohérentes avec leur évolution précédente, et le développement de certains personnages ne correspondait plus du tout à ce que la série avait construit pendant plusieurs saisons et ça m'a vraiment frustrée.

Parce que les saisons du milieu sont, selon moi, les meilleures. C'est vraiment là que j'ai été le plus investie dans l'histoire.

Vers les saisons finales, j'ai commencé à trouver que les choses allaient beaucoup trop vite.

Et la raison souvent avancée pour expliquer cette accélération concerne notamment les nouveaux projets de David Benioff et D. B. Weiss, qui avaient été engagés pour développer un projet Star Wars. Quoi qu'il en soit, le rythme s'est clairement accéléré, ce qui m'a donné cette impression de précipitation.

Je pense sincèrement que cette série aurait mérité une conclusion beaucoup plus travaillée.


Et les livres dans tout ça ?

Pour ceux qui ne le savent pas, Game of Thrones est adaptée de la saga littéraire A Song of Ice and Fire, écrite par George R. R. Martin.

Et oui, les livres ne sont toujours pas terminés.

La série a progressivement rattrapé puis dépassé les romans publiés. À partir d'un certain point, elle a donc dû développer une histoire qui n'avait pas encore été racontée dans les livres.

Je ne vais pas vous mentir : les livres sont assez intimidants. Ils sont vraiment longs et il y en a beaucoup.

Mais après avoir découvert l'univers de Game of Thrones, je me dis que ça pourrait vraiment valoir le coup de les lire un jour.

Parce que si l'histoire est déjà aussi incroyable à l'écran, j'imagine à peine ce que ça doit être dans les livres.


Alors, est-ce que je vous conseille Game of Thrones ?

Oui. Mille fois oui.

Si, comme moi avant de commencer, vous vous dites que ce n'est pas votre genre parce que vous n'aimez pas forcément les histoires de fantasy, de guerres ou de politique, je vous conseille vraiment de lui donner une chance.

La première saison demande un peu de patience, mais une fois que vous êtes entré dans l'univers, il devient très difficile d'en sortir.

Personnellement, j'ai commencé la série à la rentrée et je l'ai terminée au printemps. Je regardais généralement un ou deux épisodes presque tous les soirs, et j'ai finalement passé plusieurs mois complètement plongée dans cet univers.

Et quand j'ai terminé…

J'étais vraiment triste.

Parce que même si je la regarderai probablement à nouveau un jour, je sais que ce ne sera jamais exactement pareil. Je connaîtrai les événements, les personnages, les surprises…

Et c'est justement ce qui rend le premier visionnage aussi exceptionnel.

Bref, j'espère que je vous ai donné envie de regarder Game of Thrones ! J'avais vraiment envie de vous partager les raisons pour lesquelles, selon moi, cette série est un énorme chef d'œuvre.

Petit conseil : regardez-la en hiver. L'ambiance s'y prête beaucoup trop bien.

Et surtout, dites-moi : vous avez regardé Game of Thrones ? Quelle est votre maison préférée ?

Winter is coming... !

❄ ⚔
By Inès <3

Vogue France

— CRITIQUE —

VOGUE FRANCE 

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Mérite-t-il encore sa place sur votre table basse ? 

MON DÉSABONNEMENT INTÉRIEUR

Cela fait un peu plus d'un an que je suis abonnée à Vogue France. Chaque mois, j'attends ce magazine avec l'espoir d'être inspirée, émerveillée, transportée. Mais mois après mois, la déception s'installe. Ce que je vois, ce sont des couvertures de moins en moins créatives, un contenu de moins en moins profond, une direction artistique de moins en moins recherchée.

Le dernier numéro en date ? Gigi Hadid sur un fond blanc. Aucune originalité. Aucune audace. Juste une image lisse, consensuelle, oubliable. Je feuillette les pages et je compte les publicités. Elles sont partout. Tellement nombreuses que j'ai l'impression d'acheter un cahier de publicité.

J'ai l'impression que même les articles ressemblent à des placements de produits. 

Alors, j'ai décidé de comprendre. Pourquoi Vogue France est-il devenu ça ?

J'ai fait des recherches et j'ai découvert des ères iconiques. Des couvertures qui faisaient parler. Des éditoriaux qui provoquaient, qui transmettaient quelque chose. J'ai bien sûr découvert l'icône Carine Roitfeld. Une femme qui a fait de Vogue Paris un magazine audacieux, sensuel et provocant. C'est exactement ce que j'aime dans la mode : l'audace, la provocation, ce qui fait parler, ce qui transmet quelque chose. Pas un catalogue commercial lisse et ennuyeux.


QUAND VOGUE PARIS ÉTAIT PROVOCATEUR

L'ère Carine Roitfeld (2001-2011)

De 2001 à 2011, Vogue Paris porte le nom de sa rédactrice en chef autant que celui de la ville lumière. Carine Roitfeld impose une ligne éditoriale visuelle, provocante, sensuelle et assumée. Son approche est de transformer chaque numéro en événement, de privilégier l'image et la photographie artistique et, bien sûr, de prendre des risques.

À son arrivée, Roitfeld explique que Vogue Paris était davantage centré sur le journalisme, les textes et les écrivains. Elle y apporte une approche davantage tournée vers la mode et l'image, en s'appuyant sur de grands photographes.

> Vogue Paris de février 2001
> Sophie Marceau pour Vogue Août 2008

Avec sa « Dream Team », Mario Testino à la photo et cette complicité avec Kate Moss, juste l'esthétique définissant la mode des années 90-2000, Roitfeld crée un langage visuel immédiatement reconnaissable : le « porno-chic ». Noir et blanc contrasté, sexualité assumée, glamour irrévérencieux.

En effet, Roitfeld ne se contente pas de montrer des vêtements. Elle raconte des histoires, brouille les frontières entre mode et art, crée des images qui font parler. Sa collaboration passée avec Tom Ford chez Gucci l'a forgée : elle sait que la mode vend un univers, pas juste du tissu. Ensemble, ils ont créé des campagnes provocantes qui ont révolutionné la publicité de mode dans les années 90.

C'est alors que Vogue Paris devient le magazine de mode le plus influent au monde. Sa circulation atteint des records. Comme le note TIME Magazine, « le buzz qu'elle a généré a propulsé Vogue Paris hors du déclin vers des sommets historiques ».

Elle revendique une certaine liberté créative, avec des choix parfois controversés et une volonté de « prendre des risques » plutôt que de suivre une ligne trop consensuelle. Son pouvoir éditorial se manifeste aussi dans sa capacité à mettre en avant de nouveaux talents : elle cite notamment Lara Stone et Peter Philips, qu'elle a soutenus avant leur consécration.


LA TRANSITION : EMMANUELLE ALT (2011-2021)

Quand Carine Roitfeld quitte Vogue Paris en janvier 2011, Emmanuelle Alt lui succède. Elle a travaillé dix ans à ses côtés comme directrice de mode. Pourtant, le ton change.

Alt ne veut pas de rupture radicale. Elle affirme vouloir conserver la qualité, les grands photographes, l'identité « chic et sophistiquée ». Mais elle souhaite aussi « davantage de beauté, de lifestyle, de Françaises ». Elle veut montrer des femmes qui « semblent pouvoir appartenir à la vie réelle ».

Emmanuelle Alt avait posé une règle d'or : les célébrités pouvaient faire la couverture, mais seulement si elles avaient un véritable style et « correspondaient au magazine » (comme Marion Cotillard ou Charlotte Gainsbourg). À cette époque, le magazine gardait encore le pouvoir de dire « non » aux campagnes de relations publiques. La rédaction choisissait ses sujets pour leur intérêt éditorial, pas parce qu'une marque avait payé pour être là. C'était la dernière époque où la frontière entre le journalisme de mode et la promotion publicitaire était encore respectée. Aujourd'hui, cette frontière a disparu : les couvertures sont dictées par les agents de stars et les articles ressemblent de plus en plus à des catalogues de placements de produits.

LE REBRANDING CONTROVERSÉ

Octobre 2021. Condé Nast annonce : Vogue Paris devient « Vogue France ». Eugénie Trochu prend la tête du magazine. La justification ? « Représenter une France plus large, plus diverse. Mettre en avant les talents de Marseille à Strasbourg. »

Sur le papier, l'intention est noble. Dans les faits, c'est un séisme.

Comme le souligne l'éditorialiste Angelika Pokovba dans « Frenchly » : « Vogue Paris était le SEUL Vogue au monde avec un nom de ville. Cinq lettres V-O-G-U-E mariées à cinq autres P-A-R-I-S. Et puis, d'un coup, ça n'existait plus. »

Paris, ce n'était pas qu'une localisation. C'était un symbole. Une identité forgée depuis 1920. Comme l'explique Pokovba, le nom « Paris » représentait davantage qu'une simple localisation géographique : il était associé au rayonnement de la mode parisienne, à l'élégance à la française et au statut de Paris comme capitale mondiale de la mode.

Changer ce nom, c'est prendre le risque de diluer cette identité historique au profit d'une identité nationale plus large, mais aussi plus vague. C'est effacer un siècle de prestige et de singularité.

La centralisation abusive

Mais le vrai problème est ailleurs. Il s'appelle « centralisation ». Sophia Liao, ancienne présidente de Condé Nast Chine, livre en 2022 un témoignage fracassant sur The Fashion Spot. Elle révèle :

  • 2018 : fusion de Condé Nast US et Condé Nast International
  • Conséquence : passage de « Local Autonomy » à « Global Centralization »
  • Anna Wintour devient Global Chief Content Officer : elle contrôle tous les contenus mondiaux
  • Règle imposée : Vogue doit allouer « 70 % de son contenu au siège de New York » (90 % pour Gentlemen's Quarterly, un magazine masculin de mode, de style, de culture et de lifestyle).

« Cette politique structure tous les Vogue du monde pour être systématiquement similaires au Vogue US », explique Liao. « Les décisions sont prises autour de "l'optimisation de la compagnie US". Les autres marchés sont sacrifiés. They simply don't care. »

En gros, Vogue France n'est plus libre de son contenu. 70 % viennent de New York. L'identité locale est étouffée.

L'homogénéisation mondiale : la mort de la diversité éditoriale

Cette centralisation a des effets visibles.

« Fashion Reverie » le documente :

  • Lady Gaga en couverture simultanée de Vogue Italia et British Vogue
  • Adele sur British et American Vogue
  • The Weeknd sur presque tous les GQ mondiaux

Le partage de contenu devient la norme. Comme le note « Le Figaro » : « Les pertes colossales de Condé Nast ont mené à une stratégie de "partage de contenu" pour tous ses journaux internationaux. »

L'article explique que le changement de Vogue Paris en Vogue France s'inscrit dans une tendance plus large de consolidation de la presse mode : les différentes éditions internationales de Vogue commencent davantage à partager leurs contenus, leurs couvertures et leurs personnalités, afin de fonctionner de manière plus coordonnée à l'échelle mondiale. Vogue France perd son identité au profit d'une marque mondiale standardisée.

Les couvertures, par exemple, peuvent encore différer : Vogue France mettra Marion Cotillard en une tandis que Vogue US choisira Zendaya, chacune adaptée à son marché local. Mais à l'intérieur, les deux magazines publieront largement les mêmes éditoriaux sur les tendances de la saison, les mêmes interviews de célébrités internationales et les mêmes reportages produits à New York. Seuls les 30 % restants permettent encore de parler de mode française, de créateurs locaux ou d'actualité culturelle hexagonale.

Autre nuance importante : les publicités, elles, restent différentes selon les pays. Vogue France est rempli d'annonces de LVMH, Kering, Chanel et Dior, tandis que Vogue US privilégie Estée Lauder, Ralph Lauren et Tom Ford. Mais cette apparente diversité publicitaire ne doit pas masquer la réalité : le cœur éditorial du magazine, ce qui fait son âme et son identité, est désormais standardisé à l'échelle mondiale.


CE QUE DISENT LES LECTEURS

La qualité en chute libre

Sur les forums The Fashion Spot, les témoignages sont cinglants :

« I was standing in WHSmith, absolutely amazed at how much this magazine has deteriorated over the years! It's now about half the size, half the quality, yet still priced at £24.95! » (vogue28)

« This magazine needs a refresh but I'm sure they are not interested in putting much effort and time in this magazine » (Xone)

Les pages accessoires, tant aimées, ont disparu. La qualité d'impression baisse. Le nombre de défilés présentés est réduit de moitié.

La direction artistique bâclée

Autre révélation des forums : Juan Costa Paz, Global Creative Director, est « spread far too thin across multiple editions » (trop sollicité sur plusieurs éditions).

Les couvertures sont donc bâclées, il y a un manque de soin dans le design et un langage visuel qui « a besoin d'être rafraîchi » (selon Télérama).

Quand on compare avec l'ère Fabien Baron (directeur artistique de Vogue Paris sous Carine Roitfeld), le contraste est saisissant. Baron créait des couvertures iconiques, travaillées, audacieuses. Aujourd'hui, on « slap » des cover lines sur un fond blanc.

Les lecteurs notent aussi :

Les budgets ont explosé... à la baisse. Le contenu a l'air « gratuit » parce qu'il est pensé pour les réseaux sociaux, pas pour l'objet magazine.

On parle de « disparition de la créativité au profit de contenu "politiquement correct" standardisé ».


CHLOÉ MALLE (2025)

De Vogue à la « marque médiatique »

En 2025, Chloé Malle succède à Anna Wintour comme Head of Editorial Content de Vogue US. Pour Télérama, c'est l'aboutissement d'une mutation :

« L'arrivée de Chloé Malle achève la transformation du titre en marque médiatique, entretenant l'ambiguïté entre promotion et journalisme. »

Vogue n'est plus un magazine, c'est un écosystème. La « multifaceted growth » est le nouveau mantra. Trafic, vues, engagement : voilà les nouveaux indicateurs.

La nomination de Chloé Malle illustre cette transformation de Vogue en une marque médiatique multiplateforme, qui ne repose plus uniquement sur le magazine papier. Son rôle s'étend à la direction créative et éditoriale, mais aussi au développement de Vogue.com, des newsletters, du podcast, de la vidéo, des réseaux sociaux et des événements comme le Met Gala et Vogue World.

La fin de l'indépendance journalistique

L'exemple de la couverture de Lauren Sánchez (femme de Jeff Bezos) est révélateur. Derrière une couverture, il ne s'agit plus de produire un sujet journalistique, mais de :

  • Gérer les attentes de la personnalité
  • Organiser le shooting
  • Coordonner la logistique
  • Négocier avec les sources
  • Penser Internet et les réseaux sociaux
  • Intégrer les enjeux commerciaux

La question : Vogue parle-t-il d'une marque pour informer ses lecteurs, ou parce qu'elle est partenaire ? La frontière est devenue poreuse.

Comme le souligne l'article de Télérama, les candidats au poste de direction ont bien compris : ils ne doivent pas penser comme des rédacteurs en chef traditionnels. Ils doivent comprendre que « Vogue est désormais une entreprise qui doit être davantage qu'un magazine. »

Les décisions éditoriales sont soumises aux impératifs économiques. Relations avec les annonceurs, croissance des audiences, développement commercial priment sur la créativité et l'indépendance.

L'objectif ne serait pas nécessairement de révolutionner Vogue, mais plutôt de faire évoluer la marque sans brusquer son fonctionnement économique, notamment ses relations avec les annonceurs.

La fragilisation du modèle traditionnel de la presse papier peut également expliquer la transformation de Vogue. Face à la montée du numérique et des réseaux sociaux, les ventes de magazines ne peuvent plus constituer à elles seules un modèle économique suffisant pour maintenir une publication aussi importante. Vogue doit donc diversifier ses sources de revenus et développer son activité autour de la publicité, des partenariats commerciaux, du branded content, des événements et du numérique.

Concrètement :

  • Les ventes en kiosque du magazine rapportent très peu d'argent
  • Les abonnements non plus
  • 80-90 % des revenus de Vogue viennent des publicités payées par les annonceurs

LA MORT DE LA CRITIQUE DE MODE

De Suzy Menkes à la complaisance généralisée

> Suzy Menkes osait critiquer, Vogue France n'ose plus rien.

Aujourd'hui ? Les journalistes de mode hésitent à critiquer l'argent, le pouvoir, les créateurs ou les personnalités qu'ils couvrent. Ils sont dans l'accompagnement et la promotion, pas dans l'analyse critique.

Mais comment maintenir une véritable critique journalistique lorsque le média dépend économiquement de l'industrie qu'il est censé observer ?

L'article de Christina Cacouris défend l'idée que la critique de mode est en train de disparaître, au profit de contenus beaucoup moins critiques et plus complaisants. Elle rappelle qu'autrefois, des figures comme Suzy Menkes pouvaient publier des critiques très tranchées, y compris envers des créateurs puissants, alors qu'aujourd'hui, selon elle, les critiques sont davantage dans l'accompagnement et la promotion.

Après avoir découvert tout cela et encore, je ne vous ai pas tout dit, sinon l'article serait beaucoup trop long. Je pense d'ailleurs que j'en écrirai d'autres à propos de ce que j'ai appris, car j'ai encore beaucoup de choses à découvrir sur cette industrie. Vogue ce n'est plus vraiment l'idéal qu'on nous vend : cet idéal-là n'existe plus, il n'est qu'illusion à présent. C'est pour cela que je vais arrêter mon abonnement et apporter davantage mon soutien à des magazines indépendants qui font vivre l'art et la culture, et non le pouvoir d'achat des milliardaires.

By Inès <3